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Déchirure musculaire - Réactivation physique

 

 

 

 

Stress-au-travail-où-se-trouve-le-point-de-rupture

Le muscle

Généralités

Il existe 4 types de cellules musculaires : cellules du muscle squelettique, du muscle cardiaque, du muscle lisse et cellules myoépithéliales. Nous nous intéressons ici aux muscles squelettiques, responsables du mouvement, de la mobilité, mais aussi du maintien postural. Ils représentent environ 40% de la masse corporelle d’un individu normalement constitué, le corps humain étant composé de 600 muscles différents.

déch 1L’unité structurelle et fonctionnelle du muscle est la cellule ou fibre musculaire. Les fibres musculaires sont larges (entre 10 et 100 µm) et peuvent atteindre 30 à 40 cm de long. Elles se regroupent et sont entourées par l’endomysium, tissu de soutien qui « accroche » les fibres musculaires les unes aux autres. On peut également y trouver des capillaires et des petites terminaisons nerveuses. Ces faisceaux sont entourés par un tissu fibrocollagène, le périmysium. On y trouve aussi des vaisseaux sanguins, lymphatiques et des nerfs. L’ensemble du muscle est, lui, entouré par un tissu fibreux épais, l’épimysium.

Fibres musculaires

déch 2Chaque fibre musculaire est entourée par une membrane, le sarcolemme, qui renferme des faisceaux de fins filaments, les myofibrilles. Celles-ci baignent dans le sarcoplasme, ou cytoplasme musculaire. Chaque myofibrille est entourée d’un réseau de tubules longitudinaux appelé réticulum sarcoplasmique. Celui-ci est disposé parallèlement aux myofibrilles et contient à ses extrémités des canaux aplatis renfermant du calcium, les citernes terminales. Un deuxième système de microtubules est présent et disposé perpendiculairement aux myofibrilles, formé par des invaginations du sarcolemme, appelé système transverse ou tubules T. Les sarcomères sont les sous-unités des myofibrilles où siègent les protéines contractiles, à savoir l’actine et la myosine.

Contraction musculaire

L’influx nerveux se propageant le long de l’axone est à la base de la contraction musculaire. Une fois cet influx arrivé à la plaque motrice, il déclenche la libération d’acétylcholine dans la fente synaptique. L’acétylcholine libérée provoque une dépolarisation de la plaque motrice, dépolarisation qui se propage le long du sarcolemme jusqu’aux tubules T, au voisinage des citernes terminales. Ceci provoque la libération de calcium à partir des réserves sarcoplasmiques,  élément indispensable à la contraction musculaire.

L’ATP ou adénosine triphosphate, molécule qui apporte l’énergie nécessaire aux réactions chimiques cellulaires, s’associe tout d’abord avec la myosine pour permettre son détachement de l’actine. L’ATP est ensuite hydrolysé en ADP, adénosine diphosphate, et provoque un changement de conformation au niveau de la rotule de la tête de myosine. La liaison entre l’actine et la myosine n’est possible que grâce à l’arrivée de calcium dans le cytosol, celui-ci libérant le site de liaison entre ces deux protéines. Une fois l’actine et la myosine liées, la libération du phosphate et ensuite de l’ADP provoquent le retour de la rotule à sa conformation initiale, provoquant le glissement de l’actine sur la myosine, et donc le raccourcissement des fibres musculaires, c’est-à-dire la contraction musculaire. L’arrivée d’ATP et le repompage actif du calcium sont ensuite nécessaires pour permettre le relâchement musculaire.

déch 3

Typologie musculaire

déch 4Après avoir parlé des fibres et des contractions musculaires, il est important de savoir qu’il existe plusieurs types de fibres, qui ne réalisent pas les mêmes contractions ni au même moment. Nous allons ici aborder les deux grands types de fibres musculaires, à savoir les fibres lentes (ou rouges, type I) et les fibres rapides (ou blanches, type II). Les fibres lentes permettent une contraction de faible puissance mais de grande durée. Elles sollicitent le métabolisme aérobie et sont de petite taille. On les retrouve principalement dans les muscles posturaux. Les fibres rapides au contraire permettent des contractions à puissance très élevée, mais ces efforts sont de très courte durée. Elles sollicitent le métabolisme anaérobie et sont de plus grande taille. On les retrouve plus dans les muscles réalisant des mouvements rapides et de courte durée. déch 5Chaque muscle possède une certaine proportion de fibres lentes et rapides, proportion déterminée principalement par des caractères génétiques, mais aussi par l’entraînabilité. Ainsi un sprinter aura un grand pourcentage de fibres rapides tandis qu’un marathonien aura un grand pourcentage de fibres lentes. Un entraînement à vitesse et intensité de contraction très élevées dans le mode anaérobie va favoriser la transformation des fibres lentes en fibres rapides. Bien évidemment cette transformation est limitée par la répartition génétique de base. Deux individus qui auraient les mêmes entraînements n’arriveront pas à la même proportion finale de fibres lentes et rapides ni à la même performance.

Mode de contraction

Trois modes principaux de contraction sont à différencier:

Isométrique

déch 6Il s’agit d’une contraction musculaire sans variation de longueur du muscle. C’est une contraction facile à mettre en œuvre et utilisée dès le début de la rééducation car il est possible de solliciter le muscle sans pour autant varier sa longueur. Ce genre de contraction est donc beaucoup mieux supporté quand la lésion est toujours présente.

Concentrique

déch 7Il s’agit d’une contraction musculaire avec raccourcissement des fibres musculaires. Ce mode sera utilisé après l’isométrique dans la rééducation, dès qu’il pourra être réalisé sans douleur, et permettra de réaliser des mouvements fonctionnels.

Excentrique

déch 8Il s’agit d’une contraction musculaire avec allongement des fibres musculaires. Ce mode peut être très sollicitant et les forces développées sont très importantes s’il est réalisé à intensité maximale. Il sera utilisé dès que possible dans la rééducation pour bien réaligner les fibres musculaires, après le mode concentrique. En fin de rééducation, ce mode sera fort utilisé afin de récupérer une de ses fonctions principales : la protection de l’articulation en fin de mouvement. Le muscle antagoniste (opposé) au mouvement, par sa contraction excentrique, protège en effet l’articulation lors de mouvements rapides entraînés par le muscle agoniste. Pour exemple : les ischio-jambiers empêchent la jambe de continuer son mouvement et protègent le genou en se contractant de manière excentrique à la fin d’une action concentrique de l’agoniste (le quadriceps ici, lors d’un shoot au football par exemple).

Déchirure musculaire

Définition

déch 9La déchirure musculaire est une atteinte irréversible des fibres musculaires striées squelettiques due à un étirement violent des fibres musculaires. Les tissus conjonctifs et vasculaires sont également atteints, provoquant la formation d’un hématome musculaire. La douleur initiale est brutale et aigüe, l’impotence fonctionnelle est marquée. On peut voir un gonflement du segment lésé, et éventuellement une ecchymose sous cutanée mais qui apparaîtra à distance après un délai de quelques jours. La palpation permet de préciser une douleur ponctuelle au sein d’une zone de contracture.

Stades

Bien avant le stade la déchirure, d’autres lésions musculaires existent et peuvent être brièvement définies comme suit:

Stade 0 – La contracture et la crampe musculaire

déchLa contracture est une hypertonie musculaire permanente, provoquant une douleur et une perte de force modérée et disparaissant en quelques heures. Les contractures peuvent survenir à cause d’une hyper-sollicitation ou d’une contraction réflexe.

déch 11La crampe est une contraction musculaire très intense d’apparition très rapide. Les crampes peuvent être causées par une mauvaise vascularisation mais aussi et surtout par des modifications de l’homéostasie, notamment un taux bas de calcium et de pH. Elles surviennent souvent lors d’efforts importants.

Stade 1  – L’élongation

déch 12L’élongation est une atteinte de la fibre musculaire, sans atteinte vasculaire ni du tissu conjonctif. Elle peut se produire suite à une mise en tension brutale, dépassant l’extensibilité musculaire, souvent après un échauffement insuffisant ou en fin de compétition quand la fatigue s’installe. La douleur survient immédiatement et une légère activité physique est encore possible. La zone lésée est contracturée, et une perte de force est observée. La récupération se fera en une semaine.

Stade 2 – Le claquage

déch 13Le claquage est une atteinte de la fibre musculaire et du tissu conjonctif, avec formation d’un petit hématome (pas visible). On appliquera donc immédiatement du froid. Il est souvent dû aussi à une mise en tension excessive des muscles et une extensibilité dépassée. La douleur est vive et l’activité physique est arrêtée aussitôt. On réalisera des contractions isométriques d’abord, puis concentriques, puis excentriques pour orienter les nouvelles fibres musculaires, et cela dans la non-douleur. Une reprise assez rapide de la marche et de la course est aussi conseillée pour stimuler la vascularisation. La récupération se fera en 2 ou 3 semaines.

Stade 3 – La déchirure

La description ainsi que les étapes de revalidation et de réactivation physique seront décrites ci-dessous

Stade 4 – La  rupture

déhc 14La rupture musculaire consiste en une atteinte des fibres musculaires et du tissu conjonctif avec formation d’un hématome musculaire très important. La douleur est un peu plus grande et l’évolution plus lente que pour une déchirure musculaire. Le traitement sera similaire mais le repos sera plus prolongé et le retour à la marche plus tardif.

Facteurs de risque

Un des principaux facteurs de risque de la déchirure musculaire est l’âge. En effet, avec les années, le muscle devient moins souple, moins résistant, moins bien vascularisé et est donc plus à risque de déchirure. De plus s’il y a eu des antécédents lésionnels et que la cicatrisation n’était pas parfaite, le risque est également augmenté, cela va de pair avec une reprise trop précoce des activités, cette fois-ci sans attendre la fin de la cicatrisation. Un déséquilibre musculaire, tel que des agonistes trop forts par rapport aux antagonistes, peut également favoriser ce type de blessure, les antagonistes ne pouvant pas freiner assez fort le mouvement et se retrouvant du coup étirés jusqu’à se déchirer.

D’autres facteurs tels qu’un manque de souplesse, un échauffement insuffisant, une charge de travail trop élevée et des vitesses de travail très importantes sont des causes plus que probables, mais non démontrées, vu la difficulté de réaliser des études sur un sujet sain tout en prévoyant une future déchirure.

Principes de régénération

Lors d’une rupture du sarcolemme des fibres musculaires striées squelettiques, une cascade de réactions enzymatiques et inflammatoires locales est enclenchée. Cette phase inflammatoire de déblayement des zones lésées nécrotiques est très importante et préalable à une bonne réparation. C’est pourquoi certains déconseillent les anti-inflammatoires dans les 3 premiers jours car ils inhibent la réaction inflammatoire. C’est une théorie fort controversée, mais je vais rester cohérent au niveau du traitement par rapport à cette théorie, c’est pourquoi on ne parlera d’anti-inflammatoires qu’à partir du 5ème jour (voir plus bas).

La régénération musculaire et la cicatrisation dépendent en grande partie des cellules satellites ou myoblastes, cellules situées sous la membrane basale dont le nombre diminue avec l’âge. On distingue 4 stades lors de la régénération. Du premier au 3ème jour après la lésion, les cellules satellites prolifèrent. Ensuite du 3 au 5ème jour, ces cellules fusionnent pour former un ruban de sarcoblastes. A partir de là, jusqu’à 3 semaines post lésion, ce ruban de sarcoblastes, ébauche de myofibrilles, s’épaissit et devient mature point de vue morphologique et histo-enzymologique. Le dernier stade est la réinnervation des fibres musculaires régénérées, qui arrive à maturation au bout de 5 semaines.

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Après régénération musculaire, il existe différent types de cicatrisation. Celle-ci est modulée par l’importance du traumatisme initial, la présence et l’intégrité des cellules satellites, la vascularisation ainsi que l’importance de la réinnervation, mais bien sûr aussi de la manière dont a été soignée la blessure qui sera détaillée avec le traitement codifié.

Pour revenir à la cicatrisation, il existe 3 types de réparation :

  • Une cicatrisation parfaite, due à une bonne réaction inflammatoire locale initiale, une bonne régénération musculaire et une excellente régénération vasculo-conjontive. On n’observera jamais ce genre de cicatrisation dans le cas d’une déchirure musculaire car le site lésionnel étant trop important, il sera comblé d’un tissu de moins bonne qualité
  • Une cicatrisation fibreuse ou imparfaite, qu’on observera après déchirure musculaire ainsi qu’après d’autres lésions plus bénignes, surtout après 40 ans car la quantité de cellules satellites diminue fortement. Le volume musculaire se retrouve diminué et le tissu conjonctif devient plus résistant.
  • Des complications, toujours liées à une élimination incomplète du sang. Sous l’influence hormonale délétère de l’os, l’organisme va parfois avoir tendance à enkyster, calcifier voire ossifier ce sang, ce qui sera à la base de grosses complications telle que la myosite ossifiante.

Traitement codifié de la déchirure musculaire

Le traitement de la déchirure musculaire est codifié et présente différents stades en fonction du délai par rapport à la lésion initiale :

Urgence

déch 16Sur le terrain et dès que possible après l’accident, le but va être de limiter l’épanchement sanguin et de réduire l’œdème interstitiel. Pour cela, on utilise le principe BREF : Bandage compressif, Repos, Elévation du membre lésé favorisant le drainage et le retour veineux, et Froid (cryothérapie) afin de provoquer une vasoconstriction de la zone touchée et donc limiter l’épanchement.

Urgence retardée

Du premier au 3ème jour, le but est d’éviter la fibrose en favorisant l’écoulement sanguin. On continue d’appliquer du froid sur la zone lésée, on peut aussi donner des anti-œdémateux, et du repos s’impose.

Réparation

Du 4ème au 10ème jour, on va chercher à évacuer l’hématome et accélérer la phagocytose des débris nécrotiques. Pour cela, des anti-inflammatoires peuvent être pris à partir du 5ème jour, et une ponction de l’hématome peut être envisageable entre le 5ème et le 10ème jour. A ce stade, un travail musculaire peut commencer. On va chercher à contracter le muscle et le mobiliser afin que les nouvelles fibres musculaires s’orientent dans la bonne direction et afin d’éviter la fibrose. Tout travail musculaire devra toujours se faire dans l’indolence. Ici, on pourra commencer par des contractions isométriques sous-maximales, et dans l’évolution, des contractions concentriques sous-maximales sont possibles aussi du moment qu’elles restent indolores.

Régénération – récupération

Du 10ème jour jusqu’à 3 semaines, le tissu conjonctif doit cicatriser. Il faudra donc veiller à sa bonne vascularisation, et éviter la cicatrice fibreuse et l’orientation anarchique des nouvelles fibres musculaires. On peut commencer à solliciter un peu plus le muscle, et intégrer des sollicitations proprioceptives. Pour cela, on continue les contractions isométriques et concentriques à charge légère et avec beaucoup de répétitions pour augmenter l’endurance musculaire locale et favoriser la récupération. Dans le cas d’une lésion au membre inférieur, la reprise de la marche s’effectue durant cette période, de manière lente et progressive.

Récupération

Après 3 semaines et jusqu’à la phase de réathlétisation qui commencera entre 4 et 6 semaines, il faudra améliorer l’élasticité musculaire, renforcer les fibres musculaires et retrouver une bonne coordination neuromusculaire ainsi qu’une bonne coordination agoniste-antagoniste. On pourra pratiquer des MTP (massage transverse profond) afin de renforcer le tendon, mais il faudra surtout augmenter l’intensité des exercices musculaires. Ici, on va travailler avec des charges de plus en plus lourdes et moins de répétitions. Le travail isométrique, moins fonctionnel, va progressivement diminuer, le travail concentrique, lui, va s’intensifier. Un travail excentrique va apparaître, évidemment encore sur le principe de la non-douleur, et va s’intensifier de manière à récupérer un muscle fonctionnel dans les différents modes de contraction. Des étirements devront être réalisés très régulièrement en combinaison avec cette musculation pour éviter un maximum la raideur musculaire. Il faudra également veiller à combiner cette musculation avec des exercices en aérobie pour récupérer cette endurance musculaire perdue. Pour cela, la marche et la course sont excellentes pour les lésions du membre inférieur.

« Réactivation physique »

A partir de 4 à 6 semaines, la période de réathlétisation/réactivation physique peut commencer. L’entrainement va pouvoir reprendre progressivement, avec toujours un travail aérobie afin d’augmenter l’endurance musculaire, mais cette fois-ci combiné avec un travail anaérobie plus intense. Le travail excentrique va pouvoir se faire à vitesse et intensité maximale, et des exercices proches du geste spécifique devront être programmés afin de retrouver une bonne coordination neuromusculaire et agoniste-antagoniste.

Cas concret - description

Prenons le cas d’une déchirure musculaire au niveau du mollet et appliquons ce traitement en partant de la lésion initiale à la récupération finale en établissant un programme d’entrainement concret. il est important de préciser que jusqu’à 4 à 6 semaines, le traitement sera effectué par le kiné, et qu’une fois les 18 séances de kiné terminées, le sportif décide de passer par un centre de remise en forme de qualité avant de reprendre ses activités sportives et de se donner au maximum.

Urgence

Sur un terrain de basket, un joueur saute pour récupérer un ballon et sent immédiatement une douleur importante au mollet. Il s’effondre et reste à terre en se tenant le mollet tant la douleur est grande. Le mollet commence à gonfler.

déhc 17Immédiatement, on transporte le joueur hors du terrain, on applique de la glace 10-15 minutes sur son mollet (pas directement en contact avec la peau, et pas plus longtemps sinon il se produira une vasodilatation secondaire alors qu’on recherche la vasoconstriction), et on lui met ensuite un bandage compressif au niveau du mollet. Le joueur est couché et a sa jambe surélevée. On essaye de remettre de la glace 10-15 minutes toutes les heures si possible. Le blessé évitera au maximum de bouger durant cette première journée. Il restera alité avec une jambe surélevée et un bandage compressif et se déplacera avec des béquilles. Une échographie confirmera le diagnostic.

Urgence retardée

Du premier au troisième jour, l’individu va continuer de se reposer, éviter de solliciter son mollet, et continuer d’appliquer de la glace le plus régulièrement possible. Il prendra des anti-œdémateux et la lésion pourra bien sûr être surveillée par les médecins sous échographie.

Réparation

Du 4ème au 10ème jour, les médecins vérifieront sous échographie si une ponction de l’hématome est souhaitable. Si l’hématome s’évacue bien il n’y a pas de raison de réaliser cette ponction. A partir du 5ème jour, la personne pourra commencer à prendre des anti-inflammatoires. Environ à ce moment, on pourra commencer à mobiliser la cheville et, dès que possible, demander des contractions musculaires. Il faudra toujours veiller à ce que la personne n’ait pas mal. Ainsi, on commencera par demander des contractions isométriques, sans bouger le mollet, puis progressivement des petites contractions concentriques avec très peu de résistance. L’idéal sera de réaliser les exercices souvent, même si ceux-ci sont peu intenses et courts.

Exemple:

  • déhc 18Mobilisation passives de la cheville pour réorienter les fibres musculaires du mollet, ces mobilisations consisteront l’essentiel des séances au début de la rééducation.
  • Contraction du mollet assis ou couché, patient pousse contre la main du kiné. Cet exercice pourra également être réalisé contre un mur sans la présence du kiné.
  • Dès que possible, assis, le patient essaye d’amener ses orteils vers le bas (mobilisation active de la cheville). Petit à petit le kiné pourra mettre de la résistance quand le patient poussera contre son avant-bras (talon dans la main du kiné).
  • Une fois que ces exercices sont bien maîtrisés, debout, le patient peut commencer à monter sur la pointe des pieds en s’aidant de la jambe saine. Il redescend uniquement sur la jambe saine.

Il faudra sensibiliser le patient à répéter ces exercices au moins 3 fois par jour.

Durant cette phase, à partir du 8ème jour, de la thermothérapie et des massages peuvent être effectués afin de décontracturer le muscle, mais ce uniquement si l’hématome a entièrement disparu.

Régénération – Cicatrisation

Du 10ème jour à 3 semaines, le travail va s’intensifier, et un travail proprioceptif va petit à petit être intégré. Encore une fois, des mobilisations passives vont être réalisées en grande quantité pour regagner l’amplitude articulaire, et à celles-ci vont s’ajouter des massages pour assurer un bon relâchement musculaire.

Exemple d’exercices:

  • déhc 19Debout, essayer de mettre de plus en plus de poids sur le côté lésé (sans bouger)
  • Progressivement passer sur un pied et essayer de maintenir l’équilibre
  • Monter sur la pointe des pieds en sollicitant le plus possible la jambe lésée (toujours sans douleur)

 

 

  • déhc 20Couché, garder la jambe saine levée et décoller légèrement les fesses en s’appuyant sur la jambe lésée (travail proprioceptif léger du mollet)
  • Reprise lente et douce de la marche, avec aide des béquilles au début et disparition progressive de celles-ci ensuite
  • Monter sur la pointe du pied côté lésé (sans aide de l’autre jambe)

 

 

déhc 21 Tenir sur un pied sur un airex, monter sur le pointe des deux pieds en même temps, puis sur un pied…

 

 

bosuStabilisation à deux pieds sur Bosu, travail de fentes…

 

 

 

 

 

  • Closeup of female legs jogging on a trailReprise d’un petit footing ou d’une marche rapide vers la fin de ces 3 semaines si possible

 

Récupération

Après ces trois semaines et pendant encore une à 3 semaines, l’intensité des exercices va encore augmenter, on va donc ici travailler avec moins de répétitions mais une charge de travail plus élevée. Il faudra aussi essayer de retrouver une bonne coordination neuromusculaire. A côté de ces exercices de musculation, il ne faudra pas oublier les exercices en aérobie ainsi que les étirements. De plus, des ultrasons peuvent être réalisés pour améliorer la cicatrisation, notamment en augmentant l’élasticité du collagène et en augmentant sa résistance à la rupture.

Exemple:

 

 

  • déch 24Saut pieds joints, stabilisation côté lésé
  • Petits sauts sur place sur un pied puis l’autre
  • Petits sauts sur le côté lésé
  • Exercices tel que des sauts avec stabilisation sur deux puis sur un pied sur bosu
  • Proprioception sur airex, genou plié et sur la pointe du pied côté lésé, amener le genou à gauche et à droite, vers l’avant…

 

 

  • déch 25 Etirements réguliers des mollets

 

 

  • téléchargementCyclisme, vélo elliptique, course à pied…

 

 

 

Un grand nombre d’exercices de proprioception et de renforcement avec poids du corps seront réalisés jusqu’au bout du traitement kiné, traitement qui est parfois insuffisant avant de reprendre une activité spécifique.

 

 

Réactivation Physique

Après 4 à 6 semaines, on considère que les séances de kiné sont terminées, mais il sera parfois trop tôt pour reprendre son activité et ses entraînements comme avant. Il ne faudra surtout pas recommencer trop vite sinon la récidive est plus que probable. Il faudra donc continuer cette musculation, tout en programmant des exercices beaucoup plus spécifiques aussi. C’est ici que le joueur arrive dans un centre de Fitness, pour un réentraînement spécifique du mollet avant de retourner jouer des matchs de grande intensité.

Réactivation physique en salle de fitness

Échauffement

conseils-vignette_0Elévation de la fréquence cardiaque

Elévation de la température corporelle

Mobilisation articulaire des membres sollicités durant la séance

10’ sur vélo ou vélo elliptique

Fréquence cardiaque à 60% de la fréquence cardiaque max

 

 

Renforcement musculaire adapté

 

déch 27Pour se situer au niveau des charges, nous parlerons en pourcentage du 1RM, une répétition maximale, qui est la charge la plus lourde que l’individu pourrait mobiliser. On peut voir dans le tableau ci-joint que pour une charge correspondant à 60% de la 1RM de l’individu, celui-ci sera capable de soulever environ 25 fois la charge. Il s’agirait d’un travail « à l’échec », il est bien sûr évident qu’on peut également travailler avec un nombre de répétition moindre que le nombre de répétitions maximum mobilisables, c’est ce genre de travail que nous exercerons dans ce programme.

 

 

Circuit training (musculaire)

  • déch 28Machine quadriceps (leg extension)

3×15 à 55-60% du 1RM estimé (il pourrait réaliser 25-30 répétitions à cette charge)

 

 

  • déch 29Presse, travail des mollets

Jambes tendues, uniquement flexion et extension de chevilles

3×15 à 55-60% du 1RM

 

 

déch 30Il est possible de travailler cet exercice avec les jambes écartées et en rotation interne, par exemple si la lésion se trouve au niveau du jumeau interne, pour solliciter plus cette zone (jambes serrées et en rotation externe pour le jumeau externe).

 

 

  • déch 31Machine ischio-jambiers (leg curl)

3×15 à 55-60% du 1RM

 

 

  • imagesPresse, travail des mollets intensif en excentrique

Jambes tendues, monter à deux pieds, descendre sur un seul pied (un pied puis l’autre)

3×10 à 65-70% du 1RM du mollet lésé en excentrique (il serait capable de freiner 15-20 descentes)

 

 

 

Après ces 4 exercices, un travail plus fonctionnel va être réalisé.

 

 

Circuit musculaire fonctionnel :

  • déch 32Travail de stabilisation sur bosu avec sangles TRX (mollet)

Deux pieds sur le bosu, sangles au 2ème trait, jambes presque tendues, alignement chevilles-bassin-épaules, bras presque tendus.

Monter doucement sur la pointe des pieds et redescendre, aide des sangles pour stabiliser.

Souffler et rentrer le ventre à la montée.

3×15

 

Une fois que ça devient trop simple, remplacement par le même exercice mais sur un pied (3×10 de chaque pied)

 

 

 

  • déch 33« Fente arrière » avec sangles TRX (mollets, quadriceps)

Départ debout, bras pliés, sangles au 2ème trait, jambes légèrement fléchies, talon de la jambe avant à 2cm du sol.

Aller chercher loin derrière avec une jambe sans la déposer au sol, descendre sur la jambe avant en gardant le dos droit, tendre les bras en descendant et ne jamais déposer le talon au sol.

Travail alterné d’une jambe puis de l’autre

3×10 de chaque jambe

 

 

 

  • déch 34Montée de marches d’escaliers (mollets, quadriceps)

On place les blocs de 20, 40 et 60cm à la suite les uns des autres

Sauts pieds joints pour monter de 20 cm à chaque saut

Une fois en haut, redescendre les « escaliers » un par un (et ne pas sauter du bloc de 60cm)

1ère série : 10-15 montées

 

Si c’est déjà difficile, 2ème et 3ème séries : idem

 

Sinon, les 2ème et 3ème séries se feront à cloche pied

10 de chaque pied en alternant le pied gauche et droit à chaque montée

 

 

 

  • déch 35Travail de la chaine postérieure (mollets, ischios et dos)

Couché sur le dos, pieds sur bosu retourné, bras au sol écartés

Lever les fesses, souffler et rentrer le ventre, alignement genoux-bassin-épaules

Redescendre en inspirant

3×15

 

 

 

Cardio Training – 30min

Sur tapis par exemple pour commencer, l’individu peut également varier et aller sur différentes machines cardio, l’important étant de réaliser un effort cardiovasculaire pendant 30’ en tout au minimum.

Fréquence cardiaque vers 60-70% de la fréquence cardiaque maximale (en fonction de l’âge)

Il faut savoir parler (F.C +/- 60 à 65% du max)

 

 

Stretching

Mollets

déch 25

Ischios-jambiers

déch 38

Quadriceps

déch 37

Chaine postérieure

µdéch 39

 

 

Après 3 semaines environ, une réévaluation et un nouveau programme plus intensif peuvent être réalisés.

 

 

Ce travail a été réalisé en partenariat avec Marc VERVENNE – Etudiant en Kinésithérapie (3ème année) – ULG – Année académique 2015 – 2016.

 

 

Conclusion

Une multitude d’exercices peuvent être réalisés afin de soigner une déchirure musculaire, mais certains points seront essentiels. Il faudra toujours respecter la non-douleur, mais s’assurer d’une mobilisation et d’une activation du muscle les plus précoces possible afin de directement bien orienter les nouvelles fibres musculaires. Il faudra aussi veiller à commencer par un travail léger en isométrique, passer progressivement au concentrique, petit à petit à charges plus lourdes, et finir par du travail excentrique et éventuellement plyométrique car beaucoup plus sollicitant, à ne pas envisager trop tôt.

Bibliographie

  • Cours de composantes de l’aptitude physique de Mr B. JIDOVSTEFF. 3ème bachelier en kinésithérapie et réadaptation – Faculté de médecine – Université de Liège
  • Cours de biochimie – Appareil locomoteur partim B de Mr B. Rogister. 2ème bachelier en kinésithérapie et réadaptation – Faculté de médecine – Université de Liège
  • Cours de traumatologie – Appareil locomoteur partim B de Mr J-M. Crielaard. 2ème bachelier en kinésithérapie et réadaptation – Faculté de médecine – Université de Liège
  • Cours de traumatologie – Appareil locomoteur partim C de Mr J-M. Crielaard. 3ème bachelier en kinésithérapie et réadaptation – Faculté de médecine – Université de Liège
  • Cours de kinésithérapie – Appareil locomoteur partim B de Mr J-L Croisier. 2ème bachelier en kinésithérapie et réadaptation – Faculté de médecine – Université de Liège
  • Cours de kinésithérapie – Appareil locomoteur partim C de Mr J-L Croisier. 3ème bachelier en kinésithérapie et réadaptation – Faculté de médecine – Université de Liège
  • http://www.ll-therapy.com/lesions-musculaires-des-ischio-jambiers/
  • https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9chirure_musculaire
  • https://lesbenzodiazepinesdanslorganisme.wordpress.com/2015/02/01/les-mecanismes-de-la-contraction-musculaire/